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Et si Fukushima arrivait chez nous ?
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Auteur : Valentin Dauchot. Photo : ©Bruno Devoghel

Chez nous, les centres prévus pour accueillir les personnes déplacées se situent tous entre 14 et 20 km de Doel, et 25 et 40 km de Tihange.

"Si une catastrophe comme celle de Fukushima devait se produire en Belgique, le gouvernement ne serait pas prêt à protéger ses citoyens.

" Avec cette phrase choc, Greenpeace s’est rendue dans les bureaux du Premier ministre, il y a quelques jours, pour mettre le gouvernement en demeure de "réformer et compléter ses plans de secours en cas d’accident nucléaire". "Le plan fédéral d’urgence nucléaire et radiologique remonte à 2003", explique Eloi Glorieux, chargé de mission Energie pour Greenpeace. "Certaines provinces disposent d’un ‘Plan particulier d’urgence et d’intervention (PPUI) (Anvers, Flandre orientale, Namur et Liège, NdlR), mais plusieurs versions de ce plan existent, et de grandes villes comme Charleroi ou Arlon en sont exclues alors qu’elles ne se trouvent qu’à 10 et 40 km de centrales françaises."

Troisième élément à charge, selon lui, l’absence de leçons tirées de la catastrophe de Fukushima. "Il est prévu d’évacuer les personnes qui vivent dans un rayon de 10 k m autour des centrales accidentées", ajoute Eloi glorieux. "A Fukushima, les habitants ont été contraints d’évacuer dans un cercle de 20 km et encouragés à partir jusqu’à 30 km. Chez nous, les centres prévus pour accueillir les personnes déplacées se situent tous entre 14 et 20 km de Doel, et 25 et 40 km de Tihange. Tout cela est bon pour gérer un accident mineur, mais si un accident majeur devait se produire, nous ne serions nulle part." La Belgique, comme on le sait, abrite une population dense et une concentration élevée de centrales nucléaires sur son territoire (lire ci-contre) ou à proximité de ses frontières (Cattenom, Chooz et Gravelines en France, Borssele aux Pays-Bas). Anvers se situe à environ 15 km de Doel, Liège à 22 km de Tihange, ce qui signifie qu’en cas d’évacuation dans un rayon de 30 km, il faudrait déplacer respectivement 1,5 million et 840 000 personnes. "Impossible", selon Greenpeace. "Complexe mais faisable", selon Benoît Ramacker, porte-parole du centre de crise national rattaché au ministère de l’Intérieur. "Il faut bien comprendre que si un accident nucléaire se produit, on ne commence pas par évacuer la population concernée mais par lui recommander de rester à l’abri, le temps d’évaluer la situation. Dans un premier temps, la meilleure protection est offerte par les bâtiments."

Un plan usagé ?

Si tout fonctionne, un système d’alarme interne alerte l’exploitant qui informe immédiatement les autorités fédérales et provinciales concernées pour déclencher le plan national d’urgence nucléaire. L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) contrôle le taux de radioactivité dans l’air et peut, elle aussi, lancer le plan d’urgence si ses balises détectent des émissions de matière radioactive. Les citoyens les plus proches sont alors alertés par quelques-unes des 500 sirènes réparties près des sites nucléaires. Ils ont pour consigne de rester chez eux et de suivre l’évolution de la situation dans les médias, internet ou les réseaux sociaux, le temps que des cellules de crise se réunissent et mettent en place un plan plus large. "La suite dépend de l’évolution de la situation", poursuit Benoît Ramacker. "Nous sommes assez flexibles. Les zones de 10 km mises en cause par Greenpeace sont les zones d’urgence où populations et autorités sont préparées à l’avance à réagir le plus rapidement possible. Ces zones sont évidemment élargies en fonction de la situation. S’il faut évacuer à 30 km on évacue à 30 km." Par la route ? Les airs ? Avec l’aide de l’armée ? La police ? Les pompiers ? "Nous avons les infrastructures pour le faire et tous les acteurs seront impliqués", ajoute Benoît Ramacker sans donner plus de précisions. "On ne peut pas se focaliser sur une zone au préalable, notre approche consiste plutôt à préparer tous les acteurs (communes, provinces, habitants ), et il est évident que dans une situation d’une telle gravité, tout se décidera au niveau national."

Un Arrêté royal de 2006 impose à chaque commune et province de mettre en place un plan général d’urgence et d’intervention (PGUI). Ces plans sont complétés le cas échéant par un plan spécifique nucléaire (PPUI), et au niveau fédéral par le fameux plan d’urgence nucléaire et radiologique de 2003 "que nous sommes en train de réviser pour y intégrer les leçons de Fukushima", insiste Benoît Ramacker. "Ce n’est pas parce que les autres provinces n’ont pas de plan spécifique nucléaire qu’elles ne doivent rien faire. Tout gouverneur et bourgmestre doit veiller à la sécurité de sa population."

Reste la question du coût des opérations. Fukushima devrait coûter 186 milliards d’euros à Tepco et au gouvernement japonais. En Belgique, Electrabel n’est civilement responsable qu’à hauteur d’1,2 milliard d’euros. "Seul l’exploitant est responsable d’un accident dans une installation nucléaire", explique Geetha Keyaert, porte-parole d’Electrabel. "Ni l’Etat, ni un fournisseur qui aurait commis une faute ne peuvent être tenus responsables." L’exploitant a donc l’obligation de dédommager toutes les victimes du dommage nucléaire et de disposer d’une assurance pour garantir cette responsabilité. Est-ce assez ? Non. La législation internationale prévoit que l’Etat où se situe l’exploitation paie une deuxième tranche de dédommagement, et si cela ne suffit toujours pas, qu’une troisième tranche de 300 millions soit payée par tous les Etats contractants à la Convention de Paris. "En Belgique, ajoute Electrabel, Le législateur a décidé que c’était l’exploitant qui était responsable des deux premières tranches, pas l’Etat. Après l’entrée en vigueur des conventions, le montant total d’intervention pour couvrir le risque nucléaire sera donc d’1,5 milliards d’euros maximum." Est-ce suffisant en cas d’accident grave ? Toujours pas. Les exploitants de centrales nucléaires ne devraient-ils donc pas être mieux assurés pour couvrir les risques ? "La question serait plutôt : quelle compagnie d’assurance serait prête à couvrir des montants plus élevé s ?", ajoute Geetha Keyaert. La réponse est relativement prévisible : aucune.


 
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Bercé par la petite musique du lobby nucléaire, nous avions, comme dit Olivier Deleuze, confondu improbable et impossible. Après Fukushima, la réplique qu’on nous sert depuis 40 ans - "le risque zéro n’existe pas" - a pris une autre dimension. Même le premier ministre japonais déclare aujourd’hui que "le Japon a succombé au mythe de la sureté nucléaire".

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